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CONTROLE, EVALUATION DE LA PERFORMANCE ET REDEVABILITE EX POST DES PARTENARIATS PUBLIC-PRIVE : QUELLE EFFECTIVITE DU DISPOSITIF MAROCAIN ?

TOUZANI Fatima Zahra
Doctorante au Laboratoire Business Intelligence, Gouvernance des Organisations, Finance et Politiques Économiques
Université Hassan II de Casablanca, Maroc

Résumé

Au Maroc, les contrats de partenariat public-privé (PPP) se sont imposés ces dernières années comme un instrument privilégié de financement et de réalisation des infrastructures publiques, dans un contexte de contraintes budgétaires et de montée en puissance de la logique de performance. L’adoption de la loi n° 86-12 relative aux contrats de partenariat public-privé, modifiée et complétée par la loi n° 46-18, s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de la gestion publique et de diffusion des standards internationaux de bonne gouvernance financière. Toutefois, la question demeure de savoir dans quelle mesure le dispositif marocain permet effectivement d’assurer un contrôle ex post rigoureux, une évaluation crédible de la performance et une redevabilité renforcée envers le Parlement, les citoyens et les parties prenantes ?

À partir d’un cadre d’analyse mobilisant la littérature internationale sur les PPP, le New Public Management et la reddition des comptes, ainsi que le cadre normatif marocain et les rapports des institutions supérieures de contrôle, cet article interroge l’effectivité des mécanismes ex post applicables aux PPP. Il met en évidence des avancées notables (cadre juridique dédié, implication de la Cour des comptes, développement de l’audit interne public, extension aux collectivités territoriales), mais aussi des limites importantes liées à la capacité institutionnelle, à la qualité des dispositifs de mesure de la performance, à la transparence contractuelle et à l’articulation avec la mise en œuvre de la loi organique relative à la loi de finances. L’article conclut sur la nécessité de consolider un « audit public augmenté » des PPP, combinant outillage méthodologique, exploitation des standards de l’INTOSAI et appropriation par les acteurs nationaux, afin de transformer le potentiel des PPP en véritable levier de création de valeur publique.

Mots-clés : partenariats public-privé, contrôle ex post, performance, redevabilité, finances publiques.


MONITORING, PERFORMANCE EVALUATION, AND EX POST ACCOUNTABILITY OF PUBLIC-PRIVATE PARTNERSHIPS: HOW EFFECTIVE IS THE MOROCCAN SYSTEM?

TOUZANI Fatima Zahra
PhD student at the Business Intelligence, Organizational Governance, Finance, and Economic Policy Laboratory
Hassan II Univesity,  Casablanca, Morocco

ABSTRACT

In Morocco, public–private partnerships (PPP) have gained prominence as a preferred instrument for financing and delivering public infrastructure, amid persistent fiscal constraints and the growing influence of performance-oriented public management. The enactment of Law No. 86-12 on PPP contracts—amended and supplemented by Law No. 46-18—reflects broader efforts to modernize public governance and align with international standards of sound public financial management. Yet a critical issue remains unresolved: to what extent does the Moroccan PPP framework enable robust ex post oversight, credible performance evaluation, and strengthened accountability vis-à-vis Parliament, citizens, and other stakeholders?

Building on international PPP scholarship, New Public Management approaches, and accountability frameworks, and drawing on Moroccan legal provisions as well as reports issued by supreme audit institutions, this article assesses the effectiveness of ex post mechanisms governing PPP. The analysis points to tangible progress, including the establishment of a dedicated legal framework, the growing role of the Court of Accounts, the expansion of public-sector internal audit, and the extension of PPP arrangements to local authorities. However, it also identifies persistent gaps related to institutional capacity, the reliability of performance measurement systems, contractual transparency, and the coherence of PPP oversight with the implementation of the Organic Law on the Finance Act.

The article argues for consolidating an “enhanced public audit” of PPP that combines stronger methodological instruments, systematic use of INTOSAI standards, and greater ownership by national actors, so that PPP can effectively translate into sustained public value creation.

Keywords: public–private partnerships, ex post control, performance, accountability, public finance.


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